Les secrets du cerveau pour maintenir l’attention de votre public

Je vais partager avec vous une méthode que j’ai découverte en lisant le livre de John Medina, les 12 lois du cerveau.

Regardez la vidéo :


Une idée m’a particulièrement marqué en lisant le livre et qui est en lien direct avec les présentations : Il s’agit de la règle des 10 minutes.

C’est une règle qui est très simple à comprendre : Au bout de 10 minutes, l’attention du public diminue. John Medina l’a constaté lors de ses interventions à l’université et cela est corroboré par d’autres études. Même si on ne sait pas aujourd’hui expliquer ce qui se passe précisément dans le cerveau au bout de ses 10 minutes, il est fondamental de voir comment contourner ce problème et comment faire en sorte de maintenir l’attention de votre public.

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Pour répondre à cette question, nous allons nous pencher sur 3 points :

  • Tout d’abord, comme fonctionne l’attention
  • Ensuite, je vais partager les 4 ingrédients à connaître pour obtenir une attention soutenue
  • Enfin, nous verrons le modèle qu’utilise John Medina lorsqu’il donne des cours et comment cette structure lui permet de maintenir l’attention de son auditoire.

Comment fonctionne l’attention ?

Attention et influence

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Alors voici schématiquement comment fonctionne l’attention. A chaque instant, des millions de neurones s’activent dans notre cerveau. Ils sont porteurs de message et veulent attirer notre attention. Finalement, ils sont extrêmement peu à rentrer dans le champ de notre conscience, tous les autres sont tout simplement ignorés. Cette sélection est influencée par 3 facteurs :

  • Tout d’abord, la mémoire : Ce à quoi nous portons attention est profondément influencé par notre mémoire. Nous utilisons nos expériences antérieures pour savoir où nous devons porter notre attention.
  • Ensuite, l’intérêt : Notre cerveau balaie continuellement l’horizon sensoriel et évalue l’intérêt potentiel de chaque événement, puis ensuite, accorde une attention supplémentaire aux événements les plus intéressants.
  • Enfin la conscience : Nous devons avoir conscience de quelque chose pour que ce quelque chose attire notre attention.

Comment fonctionne l’attention : le modèle de Posner

Maintenant que nous avons ce qui influence notre attention, voyons quels sont les mécanismes qui se mettent en route dans le cerveau pour déclencher l’attention.

Pour illustrer ce fonctionnement, laissez-moi vous raconter une anecdote de John Medina. Il était tranquillement avec sa femme dans son jardin et ils observaient ensemble un rouge-gorge qui était venu boire dans une vasque. Soudain, ils entendent au-dessus de leur tête un grand sifflement. Ils lèvent les yeux et voient une buse foncer vers le rouge gorge, et le saisir par la gorge, le sang giclant sur la table de jardin. Le couple est resté sans voix.

A partir de cet exemple, voyons comment le cerveau traite l’information. Pour cela nous allons utiliser un modèle élaboré par un scientifique américain, Michael Posner. Il a découvert que nous prêtons attention aux choses en raison de l’existence de 3 systèmes séparables mais totalement intégrés dans notre cerveau.

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Le premier système qui rentre en jeu est le réseau d’alerte. C’est un peu le gardien du musée, c’est-à-dire qu’il surveille et donne l’alerte. Il surveille l’environnement et détecte la moindre activité inhabituelle. Dans l’exemple du rouge-gorge, c’est ce système qui était en marche lorsque le couple Médina observait le rouge-gorge en train de boire.

Le sifflement de la buse déclenche le deuxième système : le réseau d’orientation. Cela va consister à lever les yeux au ciel, dresser l’oreille. L’objectif est de pouvoir obtenir davantage d’informations sur l’événement pour permettre au cerveau de décider ce qu’il va faire.

Enfin, le troisième système est appelé le réseau exécutif. Ce réseau est celui qui va décider de ce qu’il faut faire face à la situation. Il va définir les priorités, réfléchir aux conséquences et, au besoin, réorienter l’attention si rien n’est nécessaire.

Le fonctionnement de l’attention se décompose donc autour de ces 3 étapes : détecter, orienter et décider.

Les 4 ingrédients de l’attention

Maintenant que nous avons comment fonctionnait le mécanisme de l’attention, je vous propose d’aller plus loin et découvrir les ingrédients qui vont vous aider à mobiliser plus efficacement l’attention de votre auditoire.

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Ces ingrédients sont au nombre de 4 :

  • L’émotion
  • La signification
  • La focalisation
  • La digestion

En vous intéressant à chacun de ces ingrédients, vous allez vous apercevoir que l’attention est un mécanisme extrêmement fragile mais qu’il est tout à fait possible de mieux l’exploiter.

Les émotions pour marquer durablement l’attention

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Le premier ingrédient que nous allons passer en revue est celui des émotions. Il est scientifiquement prouvé que les évènements à forte charge émotionnelle s’inscrivent plus longtemps dans notre mémoire. Vous vous souvenez beaucoup mieux des très bons moments et des très mauvais moments car ils sont chargés d’émotion.

Schématiquement, 3 parties du cerveau entrent en jeu. Les émotions impliquent le cortex préfrontal, qui gère la résolution des problèmes, le maintien de l’attention ou encore le contrôle des impulsions. C’est la partie qui décide.

Ensuite, nous avons le gyrus cingulaire qui est l’assistant du cortex préfrontal. Il trie les informations et il est en relation avec d’autres parties du cerveau dont l’amygdale. C’est l’amygdale qui contribue à la naissance et à la persistance des émotions, notamment grâce à la dopamine. Lorsque le cerveau détecte un évènement à forte charge émotionnelle, l’amygdale libère la dopamine qui booste la mémoire et le traitement de l’information. Dit autrement, l’amygdale est l’employé qui va mettre des post-it pour que l’information soit traitée plus vigoureusement.

La signification

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Le deuxième ingrédient est celui de la signification. Le cerveau n’enregistre pas de manière linéaire les expériences. Il enregistre l’aspect essentiel de l’expérience, puis vient y rattacher des détails. Dit autrement, notre cerveau est rempli d’idées très générales et non pas de détails.

Si vous devez faire passer une information, l’important c’est de toujours commencer par l’idée clef. Une fois cette idée clef annoncée et comprise par votre auditoire, vous pourrez venir y greffer des détails.

La focalisation

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Le cerveau ne peut pas exécuter plusieurs tâches à la fois. Le multi-traitement est un mythe. Bien entendu, vous pouvez, par exemple, marcher et parler en même temps, mais ce dont on parle ici est notre capacité à mobiliser notre attention de manière soutenue. En réalité le cerveau ne peut se focaliser que sur un concept à la fois.

Le cerveau suit un processus séquentiel … même si vous pensez que vous faites plusieurs choses en même temps. Le cerveau suit le processus suivant : fixation de l’attention, engagement puis désengagement pour aller sur une nouvelle tâche, et ainsi de suite …

La digestion

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Le quatrième ingrédient vous l’avez forcément expérimenté si vous avez assisté à une présentation : Le cerveau a besoin de pauses pour digérer les informations. Les présentateurs commettent l’erreur de donner trop d’informations sans laisser le temps à l’auditoire de relier ces informations les unes aux autres.

Ce problème est finalement très simple à comprendre : Les spécialistes connaissent tellement leur sujet, qu’ils oublient ce que c’est que d’être débutant.

Le modèle de John Medina

A partir de ces différents ingrédients, John Medina s’est inventé sa propre méthode pour lutter contre la fameuse règle des 10 minutes. Voilà comment il met les choses en musique :

Imaginons qu’il donne un cours à l’université. Il va tout d’abord prendre soin de structurer son cours en différents module de 10 minutes.

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Chaque module va s’articuler autour d’une idée clef. Cette idée clef doit être explicable en une minute. Les 9 minutes restantes sont utilisées pour expliquer les détails de l’idée clef.

Il est important de prendre le temps d’expliquer clairement le lien entre les détails et le concept-clé. De la même manière, il faut expliquer le plan au début et le relier avec le thème de l’intervention. Trop souvent, les présentateurs oublient de remettre les choses dans leur contexte. Enfin, il ne faut pas hésiter à expliquer de manière répétée les liens entre les différentes idées.

Ensuite, il faut pouvoir franchir le seuil des fameuses premières 10 minutes pour passer au 10 minutes suivantes. Ce qu’a constaté John Medina c’est qu’au bout de 10 minutes, les gens ne veulent plus d’informations supplémentaires. Ils sont saturés d’informations et l’attention va commencer à diminuer. A ce moment-là, John Medina utilise ce qu’il appelle des hameçons. Pour être efficace, l’information-hameçon doit réunir 3 choses :

  • Il doit déclencher une émotion. La meilleure solution consiste souvent à raconter une histoire ou une anecdote.
  • L’hameçon doit être pertinent avec le sujet.
  • L’hameçon doit s’articuler aux modules. Soit, l’hameçon doit conclure le module précédent ou ouvrir le module suivant.

 

Source:  simpleslide.com

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